Partager l'article ! La compétition, facteur de bonheur et de malheur: &nbs ...
Je regarde le monde d’aujourd’hui et je constate. Je constate que tout est compétition. Je prends le journal et je lis les titres : les élections régionales sont d’actualité et c’est l’exemple même de la compétition. Je ne rentre pas dans le détail des programmes. Je constate. Je constate que la compétition est partout. Le dernier rapport nous indique une croissance en baisse (l’idée en elle-même est déjà paradoxale, mais ne choque personne) et c’est encore une fois la compétition. C’est la course, la course à l’argent, la course aux biens, la course à la sécurité, la course à la gloire. Je regarde dans mon université et je constate. Je constate que les étudiants font la course, la course à la meilleure moyenne, la course aux places dans les grandes écoles, la course aux diplômes. Beaucoup d’entre eux ne savent pas vraiment pourquoi ils continuent leurs études. Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent faire plus tard, mais ils savent que s’ils ont plus de diplômes que les autres, il y aura plus de portes ouvertes pour eux. Alors ils font la course. Je ne juge personne, je constate. Je regarde mon cercle de connaissances et je constate. Je constate ceux qui achètent de belles voitures, ceux qui achètent le dernier téléphone portable, ceux qui achètent le dernier écran plat surdimensionné. Je ne critique pas, je constate. Je regarde mes faits et gestes et je constate. Je constate que comme beaucoup autour de moi, je cherche à me distinguer, je fais la course à l’originalité. Je constate que la plupart de mes actes, je les compare à ceux des autres. Est-ce que je fais ça mieux qu’untel ? Est-ce que je ne suis pas plus mauvais que celui que je critique ? Est-ce que je suis plus … que … ?
Le progrès pour le progrès, encouragé par la compétition, n’a pas grand intérêt. La course au matérialisme n’a pas de fin, car chaque fois on trouvera quelque chose d’autre qu’on aimerait avoir. Et si, au lieu de faire la course sans connaître le parcours, nous essayions de réfléchir à notre bonheur alors, peut-être pourrons-nous atteindre la ligne d’arrivée en vainqueur ? L’esprit de compétition en lui-même n’est pas un mal. Le bonheur qu’éprouve un alpiniste à surpasser ses limites pour escalader le toit du monde est inestimable. De la même manière, donner le meilleur de soi-même pour arriver au bout d’un projet procure une joie immense. La compétition avec soi-même est donc un facteur potentiel de bonheur. Par contre lorsque qu’elle dépasse les limites individuelles, certes il reste une sensation de bonheur en cas de réussite, mais c’est un bonheur que je qualifierai de perverti. C’est un bonheur sans but autre que la simple compétition. Ce bonheur est éphémère. Il ne va pas au-delà de l’épreuve en elle-même. Il n’en restera bientôt plus de trace. Et ce genre de compétition est aussi un potentiel facteur de malheur pour les vaincus qui ne sont pas toujours volontaires pour participer. Et ce malheur est à la base de tous les conflits humains.
Ma façon de penser n’est pas la meilleure ou la plus mauvaise. C’est ma façon de penser. Je l’expose pour ceux qui y voient un intérêt quelconque, mais il n’y a pas de classement. La seule compétition qui existe dans ce texte, c’est celle à laquelle je me suis livré avec mon esprit pour trouver les mots que j’ai écrit. C’est de cette compétition que j’ai tiré du bonheur, et c’est aussi pour ça que j’ai écrit ce texte. Je ne cherche pas à dénoncer quoique ce soit ici. Ma pensée ne vaut pas mieux qu’une autre. A chacun d’en tirer ce qu’il veut.
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